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Bloguer en plusieurs langues

RSSJe tiens ce blogue en français et en anglais depuis le mois d’octobre passé, je vous fais donc part de mon retour sur expérience du blogage (eh oui, ça se dit!) en deux langues, ce que ça implique et ce que ça peut vous rapporter.

La raison principale pour laquelle on peut se décider à écrire des articles en deux langues est bien simple et inanime : rejoindre un plus large auditoire. Surtout dans notre cas, nous les francophones! Écrire uniquement des articles en français nous « limite » aux visiteurs québécois, belges, suisses, marocains, tunisiens et surtout (voire principalement), français.

Ainsi que 24 autres pays. C’est à dire environ 180 millions de personnes dans le monde entier, certainement moins car ces gens n’ont pas tous Internet, et ne s’intéressent certainement pas tous aux sujets que vous abordez sur votre blogue … voilà qui réduit considérablement l’échantillon.

Tandis que l’anglais, avec « seulement » 300 à 400 millions de locuteurs natifs dans le monde, mais une masse écrasante de gens qui l’ont adopté comme langue secondaire. Je déteste l’anglais, mais force est de reconnaître que c’est LA langue internationale. Indubitablement, bloguer également en anglais vous ouvre sur un potentiel infiniment plus grand. Par exemple, ce blogue reçoit environ autant de visites sur ses pages en anglais que sur celles en français. On peut assez facilement en déduire que si ce blogue n’était qu’en français, je pourrais simplement diviser le traffic par deux…

De plus, si vous vous adonnez aux réseaux sociaux tels que Twitter, ou Facebook, bloguer en anglais vous permettra d’ouvrir votre réseau à de nombreux anglophones. Dans le même ordre d’idée, bloguer en anglais vous aidera à travailler à l’international, si tel est votre désir. En effet, si bloguer peut être un outil puissant pour prouver vos compétences, profitez de votre vitrine internationale (Internet) pour toucher le plus de gens. Même pour vos clients potentiels francophones, vous montrez une ouverture sur le monde ainsi que votre compétence, à plusieurs niveaux : parler de ce qui vous passionne ne vous gêne pas, peu importe la langue.

Cependant, je pense que plusieurs se lancent dans le blogage multilingue les yeux fermés, sans penser à ce que ça implique. Si un blogue demande pas mal de travail au départ, le tenir en deux langues (voire plus), ça signifie doubler littéralement votre charge de travail. Encore faut-il bien se débrouiller en anglais (ou autre langue). Pour ma part, je me débrouille pas si mal, mais comme la plupart du monde je ne saurais pas écrire un classique de littérature en anglais, disons-le comme ça. Ça veut dire que je me bute souvent à trouver le mot qui convient pour exprimer telle ou telle pensée, chose qui, en français, ne m’a évidemment posé aucune embuche. De plus, on se rend vite compte qu’on dispose d’un vocabulaire assez restreint, on réutilise souvent les mêmes mots, faute de synonymes sous la main. Tout ça pour dire qu’en plus de doubler la charge de travail de rédaction, bloguer en deux langues peut en plus vous forcer à ouvrir des bouquins – ce qui n’est pas une mauvaise chose du tout, mais encore du temps de travail supplémentaire.

Ce n’est pas tout. Si vous vous adonnez au référencement de votre blogue, eh bien il faudra également mettre un peu de temps sur vos pages anglophones. Ceci n’est cependant pas dénué d’avantages, puisque posséder du contenu en anglais vous ouvre les portes à diverses plateformes anglophones où vous pouvez joyeusement poser vos backlinks : annuaires anglophones, digg-likes, forums & blogues anglophones en dofollow, etc. Inutile de dire qu’il y a beaucoup plus de marge de manœuvre à ce sujet dans l’univers anglophone que l’univers francophone.

En supplément à cet article, je désire passer en revue quelques solutions CMS pour tenir un blogue multilingue.

Joomla! : Avec le composant Joomfish, vous pouvez traduire toutes vos pages plutôt facilement. Ça fonctionne assez bien, mais si votre référencement dans google vous importe, vous ne serez sans doute pas très contents de ne pas avoir de contrôle sur la réécriture des URL pour chacune des langues : l’originale est utilisée pour toutes les pages traduites, ce qui n’est pas forcément très cool pour le positionnement de celles-ci sur les SERPs. C’est une des raisons majeures pour lesquelles j’ai migré de Joomla! à Drupal.

WordPress : Chez WordPress, ce n’est pas tellement mieux. Certains composants vous permettent de gérer la traduction de certaines pages, mais pour une raison majeure dont je ne me rapelle plus, ce n’est vraiment pas très intéressant. Je sais c’est con, mais j’ai oublié. Le seul moyen que j’ai trouvé pour avoir quelque chose de propre et SEO-Friendly, c’est de créer un clone du blogue et d’y rédiger des articles en anglais, mais ils ne sont pas liés donc c’est pas très efficace…

** EDIT : C’est (désormais?) possible avec le super module WPML! À essayer!

Drupal : Avec le module Internationalization (I18N), vous pouvez créer des pages distinctes pour chaque traduction (et les lier ensemble), tout en contrôlant tous les aspects du référencement (métas, titres, URLs, et j’en passe). C’est vraiment génial mais ça m’a paru très ardu à mettre en place… Je fais des backups souvent car je ne suis pas trop sûr que je retrouverais comment 😉

Pour conclure, je dirais que le blogage multilingue apporte beaucoup de choses bien à votre blogue, mais il faut être prêt à effectuer le travail imposant que cela implique. Comme dans bien des histoires de Web, la pensée magique n’est qu’un mirage! Et vous, qu’en pensez-vous?